Développement (sabotage du …)

Il faut d’abord localiser un territoire ou un actif qui n’est pas déjà exploité en mode extractiviste ou qui l’est par des acteurs que l’on peut évincer par un moyen ou un autre. Cet article ne couvre donc pas les cas où les transactions se font équitablement, entre partenaires égaux etc, cas qui sont comme chacun sait, est l’habitude dans un libre marché, c’est-à-dire un marché réglé selon la pensée magique occidentale.

Les opérations ci-dessous doivent être réalisées selon un cheminement que l’on jugera efficace dans le contexte.

Convaincre les récalcitrants par des moyens matériels en les « graissant » ou en les ruinant. On peut aussi les menacer de les ruiner s’ils ne collaborent pas.

Promettre à une partie suffisante de la population  touchée qu’elle profitera des retombées matérielles du projet. Il est possible de se contenter dans cette opération-ci, de promesses, elles coûtent moins cher. Elles n’ont pas besoin d’être faites publiquement. Cette clientèle peut aussi inclure des gens qui ne seraient pas incommodés par le projet mais qui peuvent influencer la « décision » finale.

Utiliser la valeur marchande comme base de règlement pour dédommager les personnes qui se trouvent être dépossédées de quelque chose. Il n’est donc pas question de le faire selon la valeur de cet actif comme un actif qui lui permet de vivre ou même simplement survivre. Si il n’y a pas de demande d’acheteur potentiels pour l’actif, ou qu’on les a évincés, c’est bien, on peut alors se poser soi-même comme le seul acheteur et fixer ainsi la valeur « marchande ».

Obtenir l’appui d’une portion suffisante des élites, par différents moyens officiels ou non.  On peut aussi souvent les placer devant un fait accompli. Celles-ci trouveront bien des moyens pour contribuer à présenter le tout positivement, c’est-à-dire selon la règle du paragraphe suivant.

Présenter, de concert avec les élites sympathiques, le tout comme du développement, l’avenir, le bien commun, la modernité, le progrès etc.

On peut augmenter encore l’efficacité de l’opération en la réalisant avec des fonds qui, eux, ne sont pas réels. Il suffit en effet qu’un prêteur consente un prêt pour inventer ainsi un actif (un compte à recevoir). Ce capital ainsi auto-inventé ne présente aucun problème pour le prêteur ou l’emprunteur tant que des masses de gens (en chair et en os et non pas des « personnes morales ») ne veulent pas « avoir leur argent » pour vrai, c’est-à-dire pour l’avoir dans leurs poches plutôt que pour la transférer à d’autres organisations qui ne font que se créer entre elles des moyens financiers.

Des entreprises, par la seule magie de leurs opérations financières intangibles, s’approprient ainsi des biens réels. Prêteurs et emprunteurs actualisent pour eux-mêmes et par eux-mêmes, entre eux, l’argent des revenus qui seront tirés de l’exploitation des ressources naturelles et humaines sur lesquelles elles ont « mis la main » dès le début de l’écran de fumée qu’ils ont mis en place.

Ce modèle me semble utilisé un peu partout sur la planète encore présentement. On peut facilement imaginer aussi une variante de ce modèle qui consiste à mettre la main sur une organisation quelconque qui « possède » quelque chose qui nous intéresse (y incluant des intangibles). Il suffit, une fois la gymnastique financière complétée, de fermer cette organisation pour se débarrasser des complications potentielles qu’elle peut représenter (y incluant, par exemple, le régime de pension des employés), tout en s’appropriant, directement ou indirectement, les actifs (territoire, ressources, brevet etc.) qui nous intéressaient vraiment. Cette méthode peut aussi être utilisée plus simplement pour éliminer les concurrents.

Les moyens judiciaires, la « justice », peuvent aussi être fort utiles et souvent moins dispendieux. Il suffit alors de pouvoir épuiser une organisation qui n’a pas suffisamment de ressources à consacrer à sa « défense légale ». Par exemple, si la victime gagne le procès qu’on lui a fait, on estime combien il lui en coûterait pour se défendre en appel et on lui « réclame » une somme conséquente pour une « entente » en vertu de laquelle on ne fait pas cet appel.

Dans toutes ces situations donc, ces gymnastiques ne laissent, au mieux, localement que des impôts (?), des commandites et des salaires, ces deux derniers permettant d’acheter des biens d’entreprises qui s’en serviront pour « rembourser » l’argent qu’elles ont emprunté.

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